On trouvera de précieuses informations sur l'épinette du Nord dans le livre catalogue publié par l'association Traces en 1997:

"L'épinette du Nord - Cithares à touche du Nord de la France", Catalogue des instruments de musique réunis à Hazebrouck lors de l'exposition L'épinette du Nord du 39 avril au 27 mai 1997 dans le cadre du festival Folk en Mai, édition du Centre Socio Éducatif, Hazebrouck, 1997, 158 pages -  toujours disponible, par exemple chez Thierry Legros, libraire spécialisé en musique, voir son site ici. Quelques extraits de l'ouvrage en cliquant sur sa couverture ci-dessous:

Et puis on ne peut pas ne pas renvoyer à l'ouvrage de Hubert Boone, publié en 1976 mais toujours pertinent.

ÉPINETTES DU NORD ET DE BELGIQUE

On peut aussi consulter sur ce site l'article d'André Deru et Thierry Legros ici et celui de Patrick Delaval ici. Voir aussi d'autres articles dans la section LECTURES! de ce site. Voir aussi la section bibliographie de cette section pour d'autres références.

Une compilation (de 2007) d'articles constituant un complément au livre a été mise en ligne ici.

L'épinette du Nord - la maison Coupleux

L'épinette des Vosges (et surtout de la région du Val d'Ajol) est connue depuis longtemps du fait de la renommée des stations de cures thermales comme Plombières, mais on rencontre aussi l'épinette dans le Nord de la France, et notamment en Flandre française, en Artois et en Cambrésis. Il s'agit soit d'instruments fabriqués en série, soit d'instruments uniques ou de petites séries fabriqués par des luthiers amateurs, souvent joueurs eux-mêmes. Comme les épinettes des Vosges, les épinettes du Nord sont jouées avec un noteur dans la main gauche pour former les notes sur la touche frettées, et un plectre ou équivalent dans la main droite. Les joueurs en étaient surtout des ouvriers, hommes ou femmes, employés dans les filatures ou mineurs dans les houillères.

La maison Coupleux frères, fondée en 1868 et basée à Tourcoing, a réalisé dès la fin du XIXème siècle des modèles industriels, simples ou à double-caisse. Les chevilles pouvaient être de type cithare / piano ou des mécaniques de mandoline. Les épinettes Coupleux n'étaient manifestement pas les seules sur le marché et ont vraisemblablement été l'objet de contre-façon puisque la méthode vendue avec les épinettes portait les mentions "évitez les imitations grossières" et "l'épinette Coupleux est la meilleure et la moins chère"! Il y avait donc un véritable marché pour l'épinette dans le Nord.

Épinette provenant de Wazemmes près de Lille, fin du XIXème siècle. Coupleux (?) ou en tout cas très inspirée de Coupleux.

Repris du site http://clubdesambassadeursdewazemmes.over-blog.com/2014/05/l-epinette-du-nord.html

Certaines épinettes et surtout celles produites par la maison Coupleux sont manifestement inspirées des épinettes du Val d'Ajol et notamment de celles d'Amé Lambert. Les épinettes de ce dernier était relativement connues dans la France entière du fait qu'elles étaient souvent vendues à des curistes de Plombières qui les rapportaient dans leur région d'origine comme souvenirs. Les ressemblances sont évidentes : même forme des ouïes ou presque, mêmes dimensions. La maison Coupleux a pourtant adapté ce modèle puisque les épinettes du Nord ont en général un nombre plus important de cordes, le plus souvent sept, réparties en trois chanterelles et quatre bourdons. Elle a aussi innové en proposant un modèle à double-caisse, probablement inspiré d'instruments existants en Belgique (notamment en Flandre, voir ci-dessous).

La Maison Coupleux était basée à Tourcoing où elle possédait par ailleurs un atelier de fabrication. Elle aurait commencé a fabriquer et commercialiser des épinettes à partir de 1895. Ci-dessous, une page du catalogue de 1908. Le modèle 2216 correspond manifestement à l'épinette photographiée ci-dessus (collection JF Mazet). Plus de photos de détails de cette épinette ici.

Voir ici sur le blog "Mémoires du Folk en Nord Pas de Calais" l'article de Jean-Jacques Révillion sur les épinettes fabriquées par la Maison Coupleux à Tourcoing, et un résumé du livre d'Olivier Carpentier.

À gauche sur la photo, une épinette Amé Lambert, à droite, une épinette de son gendre Albert Balandier. Au milieu, l'éépinettte double-caisse Coupleux: les dimensions sont similaires, la forme et la taille de l'ouïe en trèfle à quatre feuilles sont identiques. On sait qu'en 1895, Amé Lambert enverra plusieurs dizaine de ses instruments dans le Nord de la France. Pus d'infos sur les épinettes Lambert et Balandier sur ce site ici.

Épinette qui ressemble au modèle Tonnerr ou Tonerr de Coupleux, leur modèle de base. Mais le modèle semble plus élaboré du fait de la présence d'une plaque de protection en laiton de la table. Collection JF Mazet. Plus de photos de détails de cette épinette ici.

Beaucoup de ces épinettes étaient décorées de décalcomanies, et avait aussi une bande de papier portant des numéros et placée sous les agrafes formant les frettes, ce qui permettait de repérer chaque intervalle par un numéro. Ce repérage rendait possible à tout le monde (même avec un niveau musical faible), de jouer des mélodies préalablement notée en notation chiffrée et qui figurait dans la méthode Coupleux qui allait avec l'instrument. Ce genre de notation chiffrée n'était pas du tout nouveau : Jean-Jacques Rousseau décrit dès 1742 une méthode de notation musicale chiffrée semblable; en l'Angleterre du XVIIème siècle, le Psalterer (un monocorde à  archet dont l'invention est en général attribuée à John Playford) portent des numéros pour repérer les notes, et les mélodies sont aussi chiffrées (voir ici sur ce site);  le psalmodikon et ses avatars en Suède, Norvège, Danemark et Allemagne au début du XIXème siècle étaient eux-aussi conçus pour être joués de façon simple grâce à une notation chiffrée des psaumes (voir ici sur ce site). Le même principe et une notation similaire étaient utilisés en Islande à la même époque pour le langspil (voir ici sur ce site). Le monocorde à clavier du Lorrain Joseph Poussot utilisait quant-à-lui une notation figurée à la toute fin du XIXème siècle (voir ici sur ce site).

Il a existé aussi des épinettes Vercruyssse & Dhondt à Lille, Houzet à Armentières, De Ruyck à Roubaix, et sans doute bien d'autres encore. Pour plus de détails, voir le livre "L'épinette du Nord" de l'association Traces ainsi que l'article d'André Deru et Thierry Legros (voir le bandeau de cette section ci-dessus).

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Photos Jacques Leininger

Épinette Coupleux à double caisse avec des mécaniques de mandoline au chevillier. à noter la présence de trois frettes sous les bourdons, permettant un jeu avec quelques accords! On trouve ces frettes sous les bourdons chez certains instruments de type Scheitholt datant du début du XVIIème siècle! Voir ici sur ce site.

Photo Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

Épinette Coupleux à double caisse avec des mécaniques de mandoline au chevillier et avec des restes de la bande de papier numérotée sous les frettes.

Photos tirées du site https://musicaparaver.org/instruments/

L'épinette Coupleux à double caisse a été copié par le luthier Bernd Maier dans les années 1980.

Épinette Coupleux au centre et de part et d'autres, les copies réalisées par le luthier Bernd Maier en 1984 et 1985.

Collection Jacques Leininger. Photos de détails de cet instrument ici.

Publicité pour les épinettes Coupleux Frères de Tourcoing. Publié à la page 268 de Musique-Adresses, Annuaire français de la facture instrumentale, de l'édition musicale et des industries qui s'y rattachent, première année, 1913

Mention des épinettes vendues (et fabriquées?) par Coupleux (Veuve et Fils) à la page 873 de l'Annuaire des artistes de l'enseignement dramatique & musicale et des sociétés orphéoniques de France et de l'Étranger, 1905. Curieuse appellation de l'instrument : "mandolines allemandes dites épinettes"!!!

On voit grâce à cet annuaire que d'autres fabricants que Coupleux; on voit aussi que les épinettes du Nord n'étaient pas seulement fabriquées dans le Nord : De Ruyck à Roubaix, Gilbert Ribeaucourt à Somain, Fillet L. aux Lilas. Je renvois aux articles plus détaillés sur ces fabricants et d'autres sur le blog de Christian Leclerck (avec des articles de Jean-Jacques Révillion) ici.

Des épinettes du Nord plus artisanales

Les mêmes épinettes présentés avec l'épinette Coupleux au centre. Les tailles sont similaires. Photos Jacques Leininger

Photos Jacques Leininger

Photos Jacques Leininger

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Ci-dessous, deux autres exemples d'instruments fabriqués de façon artisanale, probablement par le musicien lui-même pour son propre usage  (on trouvera encore d'autres exemples dans le livre déjà cité de l'association Traces, publié en 1997) :

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Il existe au  moins une troisième épinette de cette série qui est celle décrite dans le livre "L'épinette du Nord" de l'association Traces, aux pages 14-20 (voir référence de ce livre dans le bandeau d'introduction de cette section) :

Le même modèle que celui ci-dessus, fabricant inconnu. Celle-ci a conservé sa bande papier de numérotages des tons de la touche frettée et n'a pas la grande ouïe près du cordier. Collection et photo de J. Leininger. Photos de détails de cet instrument ici.

Épinette du Nord, fabricant inconnu. Il en existe au moins deux autres très semblables (voir ci-dessous), vraisemblablement fabriquées par la même personne. Celle-ci diffère des deux autres par la grande ouïe près du cordier (ouïe qui n'est peut-être pas d'origine). Collection JF Mazet, voir des photos de détails de cette épinette ici.

À côté de ces épinettes de série semi-industrielles, on peut retrouver de multiples épinettes fabriquées par des luthiers amateurs ou des musiciens, aussi bien dans le Nord de la France qu'en Belgique. Ci-dessous un exemple de trois épinettes manifestement fabriqué par la même personne :

Épinette à double caisse, fabriquée en 1968 par Ernest Desmet pour lui-même. Photos Jean-Jacques Révillon. Repris de https://archivesdufolk59-62.blogspot.com/2015/05/on-retrouve-lepinette-de-mr-desmet.html

Un autre exemple d'instrument artisanal plus élaboré, à double caisse cette fois :

L'épinette du Cambrésis

Dans le Cambrésis, les épinettes sont très typées. Elles sont souvent très grandes, plus de 80 cm de longueur totale, imposantes, de forme trapézoïdale marquée, avec un grand chevillier plat lui aussi trapézoïdale très caractéristique décoré d'un, deux ou trois trous cernés de simples coups de gouge. Elles possèdent de 8 à 10 cordes, dont 4 ou 5 chanterelles disposées en deux groupes séparés. L'intérieur de la caisse de ces instruments est cloisonné, l'espace intérieur étant divisé par des cloisons ajourées. Une plaque de  protection de la table est présente, en formica, en métal ou en verre (avec une carte recouvrant une carte postale). Peu de fabricants ont été identifiés, mais parmi ceux-ci, Baptiste Gernez à partir de 1914, puis son fils Jean-Baptiste Gernez sont les plus connus et sont ceux (surtout Jean-Baptiste, actif jusqu'au début des années 1980) qui ont produit le plus d'instruments (au moins plusieurs centaines, voire milliers). La redécouverte de l'épinette du Cambrésis doit beaucoup au travail de recherche et d'inventaire minutieux du luthier Thierry Doison dans les années 1980 et 1990. Thierry Doison a d'ailleurs lui-même conçu et fabriqué plusieurs instruments de ce type.

Trois belles épinettes de Cambrais, probablement de Gernez. Photos J. Leininger.

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Trois épinettes inspirées de celles du Cambrésis, réalisées par Thierry Doison en 1989. Photos J. Leininger.

L'une des trois épinettes ci-dessus. Collection Jacques Leininger. Photos de détails de cet instrument ici.

Une très grande et lourde épinette de Cambrais. Collection Jacques Leininger. Photos de détails de cet instrument ici.

Une épinette qui pourrait représenter un type plus ancien d'épinette du Cambrésis. Chevilles en bois. Collection Jacques Leininger. Photos de détails de cet instrument ici. D'autres instruments ressemmblant à celui-ci figurent dans le livre "L'épinette du Nord" de l'association Traces.

Une épinette mystérieuse (du Nord?)

Épinette mystérieuse - origine et facteur inconnu, proviendrait de la région Nord. Plus de photos de détails de cette épinette sur ce site ici. Longueur totale 61 cm. Collection JF Mazet.

Cette épinette complétement atypique a été retrouvée dans le Cambrésis. Elle ne ressemble pas aux autres épinettes de la même région. Elle semble très anciennne, probablement du premier quart du vingtième siècle. Sa boîte a été conservée. Voir les photos de détails de l'instrument et de la boîte ici.

Les frettes possèdent un oeillet qui a permis de les clouer à la table. Elles sont coudées et débordent sur l'éclisse interne. Tous les demi-tons sont présents, l'échelle est donc complétement chromatique ce qui n'est quasiment jamais le cas dans les épinettes du Nord. L'échelle commence au do, ce qui est également très rare sur ce type d'instrument populaire; on trouve le même type d'échelle sur certains langspils anciens conservés en Islande, voir ici.

L'instrument est peint et des plaques de laiton couvrent les deux bouts de la table, l'une au niveau du sillet et l'autre près du cordier.

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L'épinette en Belgique

Épinette type "Mickey" du Borinage (à l'ouest de Mons, province de Hainaut) - Longueur totale 62 cm.

Photos Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

Trois épinettes d'Andenelle ou de Bouvignes - Longueur totale environ 80 cm

Photo Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

Épinette portant une plaque de marque Ghesquière - marchand d'instruments de musique - 66 rue de Lille à Menin (une autre épinette - mais de tyype Coupleux Tonnerr - portant une plaque semblable est décrite dans le livre de l'association Traces déjà cité). Longueur totale 63,8 cm.

Photo Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

En Wallonie, on trouve au moins deux types d'épinettes pour lesquels on retrouve respectivement des exemplaires assez nombreux, les instruments à l'intérieur de chacun de ces groupes ayant des caractéristiques assez constantes :

Le premier groupe est constitué d'instruments provenant de la région du Borinage, à l'ouest de Mons; il s'agit d'épinettes très plates, avec un chevillier en forme de lyre pleine (qui, avec ses deux renflements, rappelle une tête d'ourson stylisée ou une tête de Mickey), à six cordes (trois chanterelles, trois bourdons).

Le second groupe comprend des instruments retrouvés dans deux zones relativement proches l'une de l'autre, la région de Bouvignes-sur-Meuse près de Dinant, et celle d'Andenelle (dépendance de la petite ville d'Andenne, entre Namur et Liège); les épinettes ont dix cordes (réparties en six chanterelles et quatre bourdons), elles sont souvent munies d'un résonateur - simple planche plus large et plus longue que la caisse de l'instrument. Ce sont les épinettes des éclusiers ou des bateliers de la Meuse.

D'autres épinettes ont bien sûr été retrouvées dans d'autres régions de Wallonie (Dour, Élouges, Blaton - proches du Borinage -, Châtelet, Mouscron etc.), mais qui sont souvent des exemplaires uniques. Enfin, en plus de ces épinettes plus ou moins artisanales, on trouve des épinettes de fabrication semi-industrielle comme les épinettes Coupleux (du fait de la proximité de la frontière) ou les épinettes fabriquées(?) ou simplement revendues par la maison Ghesquière (pianos - musique - instruments), à Menin.

Toutes ces épinettes se jouent avec un noteur tenu dans la main gauche et pressant les chanterelles entre les frettes pour former les notes, et un plectre dans la main droite pour balayer les cordes.

Épinette à double caisse - Flandre occidentale - Longueur totale 69 cm.

Photos Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

En Flandre, on trouve aussi de nombreux instruments, pièces pour la plupart uniques. On ne peut que renvoyer à la bible en la matière, le livre d'Hubert Boone ("De hommel in de Lage Landen", publié en 1976 par le Instrumentenmuseum en Musicological Research Association (MRA), Bruxelles) pour une typologie de tous ces instruments. Ci-dessous quelques exemples conservés au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles. 

Épinette simple - Flandre occidentale - Longueur totale 65,5 cm.

Photos Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

Épinette à double caisse - Courtrai, Flandre occidentale - Longueur totale 77,5 cm.

Photos Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

Épinette à double caisse d'Omer Dhondt - Flandre occidentale - Longueur totale 69,5 cm.

Photos Musée des Instruments de Musique de Bruxelles.

En plus du Musée de Instruments de Musique (MIM) de Bruxelles, il faut signaler le petit musée d'instrument de musique (Volksinstrumentenmuseum) de Gooik à l'ouest de Bruxelles possède une superbe collection d'épinettes et de hommels belges  toujours en exposition. Voir ici.  

"Spinet Mordern"; Longueur totale 67,5 cm.

Collection et photos JF Mazet. Voir des photos de détails de cet instrument ici.

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Épinette belge datée de 1950, à double caisse de résonnance; Longueur totale 69 cm.

Collection et photos JF Mazet. Voir des photos de détails de cet instrument ici.

Une épinette mystérieuse

Épinette mystérieuse, à double caisse - origine et facteur inconnu. Les éclisses sont découpées à la scie. Et la table et le fond de la caisse de résonance dépassent des éclisses, à la manière d'un violon, violon qui est aussi rappelé par la forme des ouïes. Mécaniques de mandoline. Plus de photos de détails de cette épinette sur ce site ici. Longueur totale 68,5 cm. Collection JF Mazet.

Même si cette épinette (retrouvée chez un antiquaire de Paris) a des points communs avec deux épinettes belges référencées C45 (Mouscron) et C47 (Blaton) dans l'ouvrage d'Hubert Boone (voir figure (A) ci-dessous; "De hommel in de Lage Land", 1976), elle ressemble aussi beaucoup à l'épinette française décrite dans le livre de l'association Traces (voir figure (B) ci-dessous), provenant de la région du Hainaut près de Valenciennes. Elle rappelle aussi l'instrument conservé à Cannes (C) ci-dessous). Pourtant, cette épinette ne possède pas la septième frette supplémentaire (pour le fa#) qu'on trouve systématiquement dans les instruments de Belgique et du nord du la France; à noter que c'est aussi le cas de l'autre épinette "mystérieuse" conservée au musée d'Épinal (D).

(A) deux épinettes belges; tiré de l'ouvrage d'Hubert Boone, page 81.

(B) épinette provenant du Haiinaut, région de Valenciennes. Trouvé a la braderie de Lille en 1993. Tiré de "L'épinette du Nord", association Traces, 1997, page 76.

(C) épinette conservée au musée des explorations du monde de Cannes (anciennement musée de la Castre) identifiée - de façon manifestement erronée - comme une épinette des Vosges.

(D) épinette conservée au musée d'Épinal; voir ici.

Bibliographie

Van Eenoo, Johan : "De spinette : de hommel in West-Vlaanderen", in Biekorf (West-Vlaams archief voor geschiedenis, archeologie taal- en volkskunde) 109ème année, numéro 1, mars 2009 : pages 5 à 23. Voir ici

Van Eenoo, Johan : "De spinette : de hommel in West-Vlaanderen", in (Digitale) Nieuwsbrief Volkskunden West-Vlaanderen - Mengelmaren, 2019-2, pages 8 à 11. Voir ici

Traces (Association) : "L'épinette du Nord", Centre socio éducatif d'Hazebrouck, coordiné par Pattrick Delaval, avril 1997, 158 pages

Boone, Hubert : "De hommel in de lage landen", Instrumentenmuseum, Musicological Research Association (MRA), Bruxelles, 1976, 188 pages

Voir aussi d'autres références dans la partie bibliographie générale de ce site (voir ici)

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Épinette Coupleux

Il s'agit de l'épinette que Jean-François Dutertre a achetée en 1971 ou 1972 et qui figure en couverture du disque "l'épinette des Vosges" au Chant du Monde, et qui a servi de modèle à la première épinette du Folk, fabriquée par Robert Rongier en 1972. 

Pour les détails de cette histoire, voir ici.

Les recherches de l'association Traces ont révélé que cette épinette qui avait été prise pour être "des Vosges" est en fait une épinette du Nord, fabriquée par la maison Coupleux, probablement dans les premières années du XIXe siècle. Elle correspond au modèle 2216 dessinée dans le catalogue Coupleux de 1908.

Les éclisses sont découpé à la scie. Longueur totale 66 cm.

Épinette Coupleux? (Modèle Ton(n)err?)

Aucune indication de marque ou fabricant

Tourcoing, Fin XIXe ou début XXe siècle

(Longueur totale 65 cm)